(Vulgarité) Écrit divers.

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(Vulgarité) Écrit divers.

Message par Miss-Entropie le Dim 4 Sep - 13:33

J'ouvre une pitite section pour pas avoir à faire 150 catégories pour ce qui n'est pas des projets sérieux.

FBSM : Bipolife:


Il y a pas mal de temps, j'avais fait des recherches et étais tombée sur un jeu éducatif au sujet de la bipolarité. Bipolife.

http://bipolife.ubi.com/

Jeu sympas au demeurant et compte tenu du manque criant de budget, l'idée était de faire prendre conscience du quotidien d'un bipolaire pour ceux qui ne le sont pas ainsi que de créer un espace de dialogue entre le patient et son médecin. Il semble mis à jour plus ou moins régulièrement mais ma mémoire défaillante aura du mal à être très fiable.

Avant de continuer l'article, je tiens à préciser certaines choses :
- La maladie mentale est une chose qui existe et qui ne fait pas de vous un raté, un exilé social ou ce genre de connerie. Juste quelqu'un de malade. Comme le disait la Doc dans "It's a kind of a funny story" : "Aurais-tu honte si tu étais à l’hôpital pour une appendicite ?"


- J'entretiens un rapport personnel particulier avec la maladie mentale. Cette article n'a ni pour but de me moquer des bipolaires, ni pour but de crier au secours. Le but est de se taper une catharsis des familles autour d'humour noir de mauvais goût.

- Ce jeu n'a pas vœux de diagnostique ni de médicament. Si vous pensez être malade, parlez-en à votre médecin. Vous pourrez éventuellement-peut-être-pourquoi-pas parler de votre expérience avec Bipolife si vous avez du mal à mettre des mots sur vos douleurs, mais se baser uniquement sur ça pour poser un auto-diagnostique revient à faire un diagnostique-doctissimo.

- Ne faites pas d'auto-diagnostique, sans déconner, le faites pas.

Je disais donc.

Un soir m'est venu une idée "Et si j'y jouait n'importe comment en faisant un rapport d'expérience froid et détaché en complet décalage avec ce qui est en train de ce passer ?"

Du coup, ça a donné ça :

"Bipolife : Experience 1

Le mec s'appellera "tu vas souffrir", ça rentre pile poil (même avec les espaces), je suis content.
À part ça, il porte des sandales. J'sais pas pourquoi, mais ceci me rempli de bonheur
J'arrive chez moi (classe l'appart), je dois aller dans la salle de bain, j'ai le choix entre prendre mes médoc' et me raser. Je choisi de me raser, parce que lol.
Et là, le jeu dépasse mes espérances : de lui même, le mec se rase ENTIÈREMENT. Même pas besoin de forcer pour faire de la merde. Je ris, je pause puis revient.

Choix 1 ; manger un truc de tarlouse ou boire une boisson énergétique ; je porte des sandales donc je peux choisir le truc de tarlouse.
Choix 2 : regarder la télé (lol) : Le choix est entre le télé achat pour acheter des trucs (lol) ou les infos (lol), je choisi le moins pire, les infos.
Je dois aller me coucher ou réfléchir, je réfléchis parce que c'est mieux, je porte des sandales mais je reste moi même, merde.
Réveil et c'est la rumba, contraste à donf',plein de bruit. L'hyper activité d'une crise de Manie est bien rendu, je regrette juste les bruits de bouches inconvenants.

Atterrissage chez le doc où je retrouve ma belle tignasse (Magique), je suis content. Je prends une femme, elle a des ballerines, chiasse. Elle s'appelle "sous le bureau".
Ça rentre, je suis content. Elle me dit de prendre une ordonnance, je tente de sauter par la fenêtre, puis de me barrer.
Ça ne marche pas et elle continue de me regarder avec un stoïcisme olympien. J'aimerais bien faire ça avec un vrai consultant à coté, pourrait être drôle de voir ses réactions.
Bon, on fait le bilan :
Je me suis subitement raser la tête, un comportement excessif qui témoigne d'un état maniaque : c'est-à-diire que j'ai pas prévu la conséquence du truc, en fait.
Dans ma tête, il allait se tailler le bouc, le raser, à la rigueur. Donc mon perso est plus taré que moi, bon à savoir.
J'ai fait un repas équilibré : yààààààày. Dois-je souligner qu'un soda seul n'est même pas digne d'être appelé "repas" ?
"c'est une bonne chose d'avoir regarder le JT" : Bah, de moi même je l'aurais pas fait, mais entre ça et le télé-achat....
"En laissant cours aux divagations de votre esprit, vous avez laché prise avec la réalité" : WAHLOT HEY ! JE TE BAISE SOUS LE BUREAU ! JE TE BAIIIISE !!!
J'aime penser, je suis un penseur, ça me permet d'être heureux. Suce moi au lieu de me priver de mon seul divertissement étant donné que ce jeu ne connais pas la notion de "prostituées"ou de "jeu vidéo". (en fait, il me semble que si.)

Me voilà de retour chez moi, en phase dépressive (joie). Je note que j'ai une photocopieuse dans ma salle de bain. Je découvre que je peux prendre autant de médoc' que je veux.
et que j'ai de la drogue et de l'alcool à disposition. Le pseudo du personnage va se justifier. (une demi heure pour une clope, pas mal)
Je suis bourré, et vomi après trois verres, une honte. Après m'être défoncé au café et au jus d'orange, je paye mes factures (bourré et défoncé au médoc et au canna, donc.)
A la fin de la journée, je suis à -699 "de moral". Joli score."

L'un des plus gros problème que je reproche au jeu est le manque d'option, comme le fut noté à quelques endroits dans mon rapport il y a certain choix que je n'aurais jamais fait en "temps normal". C'est pas tellement pour être tatillon que parce que ça a tendance à réellement casser l'immersion, assez souvent ou se retrouve dans une espèce de dédoublement simsien qui nous rappel que "à ouais, c'est qu'un jeu." en plus de nous confronter à un dilemme : soit on prend le choix déraisonnable qu'on aurait fait dans le fond mais pas dans la forme, soit le choix raisonnable qu'on aurait fait seulement dans la forme, mais pas dans le fond , et qu'on finit par prendre seulement parce que l'autre option est moins attirante ?

Mais bref, ici, je vous propose de faire à chaud, comme ça, yolo, l’expérience deux en reprenant ce brave "Tu Vas Souffrir".

Expérience 2 :

Donc on se retrouve à - 32 dans la jauge "de moral" (entre guillemet faute de me rappeler le terme utilisé par le jeu) et en dépression. Il faut distinguer la jauge d'humeur et la courbe Dépression/Neutre/Manie. En effet, la première va influer sur la courbe - par l'indice -x ou +x, mais c'est la seconde qui déterminera votre état thymique. Et il faut gérer la jauge en fonction de votre courbe. Ici, il faut qu'elle soit positive (+x) pour entrer dans l'état neutre. Mais si mon avatar était en phase maniaque, il faudrait qu'elle soit négative pour atteindre l'état neutre. Selon votre état thymique, vous allez aller plus ou moins vite, perdre plus ou moins d'énergie et avoir accès ou non à certaines activités.
Et c'est là que le jeu s'avère à la fois bien pensé et mal pensé. Il faut sans cesse jongler entre l’énergie et l'ajustement thymique. Et il faut de l'énergie pour réaliser les activités nécessaires à cette ajustement et les actions de regain d'énergies en phase dépressives sont EXCESSIVEMENT limitées - ça encore, j'ai envie de dire que c'est cohérent - mais aussi - et surtout - manquent cruellement d'impact. Vous obligeant à vous créer une dépendance au café pour pouvoir accomplir le premier but du jeu, à savoir être en état "neutre" pendant 3 jours. Ce qui est assez dommage au vu du fait que le jeu aurait ou pourrait encourager les dépressifs et bipolaires à avoir un train de vie sain pour stabiliser leur humeur.

Si la sensation de limitation, de frustration malgré l'envie et la volonté d'aller mieux est présente, elle est bridée par des choix parfois un peu extrême pour.. bah.. aller mieux, justement.

D'autant que le café, la clope et le cannabis sont réellement des stabilisateurs thymique que les dépressifs et bipolaires utilisent - parfois sans le savoir - pour aller moins pire, mais dans des quantités industrielles...

Donc, revenons à notre personnage. Il lui faut entrer en état neutre et le tenir pendant 3 jours ce qui est plutôt compromis par la gueule de bois monstrueuse qu'il se tape et l'insomnie qui en découle. J'ai envie de voir ce qu'il se passe si on rate l'objectif - rien de grave à priori.

Il est 2h38 du mat', et c'est dur, mais duuuur...

Parmi tous les choix possibles, faire du fitness à 2h39 du mat me semble être- évidemment - le plus approprié. Mais maintenant, je pu. Je dois donc me laver.

De manière qui parait de prime abord paradoxale, le bain demande plus d’énergie que la douche. À ce moment là, il faut se mettre un peu dans la peau d'un dépressif pour comprendre le principe. Pour prendre soin de soi et se laver en détail pendant une dépression, il faut de la motivation. Beaucoup de motivation. Je déconne pas, c'est la merde de prendre soin de soi dans cet état. Ce que le jeu émule par la dépense d'énergie. Pas mal.

Douche finie à 3h40, je me dis "Au dodo couillon !" J'ai plus des masses d'énergie et ça serait pas mal d'en reprendre pour pouvoir être.. huh.. créatif demain. Et c'est là qu'il se dit "Je boirais bien un p'tit café. J'ai besoin d'un bon coup de fouet." Ah mais si tu fais pas toi même des efforts...

Mais bon, vous savez, je suis pas contrariante. Alors il va boire son cawa s'il y tient.

PUTAIN DE TA MERE JE VIENS DE ME BOUFFER UN -20 DANS LA JAUGE DE MORAL. 0 instinct de survie le mec.

Bon, j'aurais bien envie de sortir histoire qu'il soit agressé un bon coup, mais il peut pas. Alors il va faire dodo. Bordel.

Ah bah non, il souffre d'insomnie donc il peut que broyer du noir. Bon ben...

À part ça il vient de s'asseoir à coté de son lit, dans le vide. Tranquille.

Bon.

Il est 5h du mat, je peux pas harceler mes proches au téléphone, approximativement TOUT me fait perdre du moral et de l’énergie. Bon bah nique, il fumera une clope. Il a quitté ses sandales, c'est qu'il est bout du rouleau, alors perdu pour perdu.

(Je veux mes sandaaaaaaaaaaaaaaleuuuuhs)

Après son 4ème café il se dit "tiens, je m'ferais bien un p'tit croissant".

Là, j'ai un message comme quoi la journée commence bien. Mon indice de moral étant déjà à -189, je n'en doute pas une seconde.

J'ai encore envie de sortir, et là j'ai le choix entre le faire se balader, un footing et s'asseoir sur un banc 5 minutes avec toi, regarder les gens tant qu'y'en a. Comme le footing ça pu et qu'écouter du Renaud semble défoncer son morale, je choisis de me balader.

Pendant sa balade, il semblerait que le monsieur ait tenté de déplacer un meuble très lourd et se soit fait mal.
Bon. Si tu veux déplacer des arbres dans les forêts je vais pas te juger pour ça, mais comprend que tu deviens de plus en plus flippant quand même.

Bref, go yoga histoire d'arranger ce petit dos de cet abruti.

Bon, il faut encore que je paye mes factures et en plus il a envie d'aller sur internet. Ma foi... j'ai rien de mieux à faire.

Internet, check, 12h, l'heure de se taper une quiche. Puis on paye les factures.

Cool, je pourrais aller à la mer avec les potos le week-end prochain. Je leur parlerais probablement de mon amour des sandales en me tapant une quiche.

15h, rien à faire, je lui demande par accident de se faire une clope, shit.

Quoi de mieux après une sieste que de se faire les ongles ? HEIN ?

Tu vas souffrir erre comme un perdu et donc je le fais boire du jus d'orange pour passer le temps. Le second verre me fait perdre du moral. Putaiiin. Même le jeu s'y met là.

19h, il se tape une quiche.

19h30 : j'ai assez d’énergie pour aller faire chier mes voisins en leur parlant de quiche et de sandale. Go for it.

"Bain Chaud : je pourrais m'endormir dedans..." Et te tailler les veines, aussi.

Bref, il est 20h58, je prends mes médoc' et vais au pieux, je me rends compte qu'il fallait les prendre à 21h donc j'en reprends, histoire de, puis va pioncer. Le jeu m'engueule, fuck it.

Le Jeu me dit que je fais un sommeil réparateur mais me lève quand même à 1h du mat, chié.

Et là il me sort "Je pourrais mettre la radio, histoire d'entendre la voix de quelqu'un" Wew... On va éviter le bain chaud aujourd'hui hein.

Et j'ai toujours pas mes sandales, putaiiiin.

Un cawa et la radio tant attendue. À 3h du mat, donc.

Ah, le whisky me redonne de l'énergie, ma foi...

J'enchaine un cawa (pour le mélange de goût, sans doute.) et des céréales.

Apparement il faut que j'aille dans un atelier de réadaptation sociale, Okaaay. Trop tôt, mais bon, c'est prévu.

Là, il veut du chocolat, il en joui presque. Allei. Je vais pas non plus te privé de ce qui semble être ta seule joie dans la vie.

C'est donc en puant de la gueule que je vais aller faire chier mes voisins. (2 jours sans me laver les dents, ça doit piquer.) Comme c'est pas assez, je vais aller faire chier ma famille au téléphone. Apparemment, ils ont pas répondu. Bah putain...

C'est donc après une sieste et en puant de la gueule (25 d'énergie pour se brosser les dents bordel) qu'il va a son atelier.

Après avoir passé le temps en me faisant les ongles (littéralement) je prends mon traitement et vais dormir. Fin du jour trois. Le jeu m'a engueulé parce qu'il était sale. Wups.



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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Sambre le Dim 4 Sep - 16:40

J'ai essayé le jeu en question, j'ai fait mes 3 jours, c'était assez amusant je dois dire comme concept : Les Sims bipolaires.

J'ai bien aimé ta façon de détailler l'expérience, c'était marrant, tout comme la façon dont tu mets en avant les absurdités du jeu. On est à mi chemin entre le journal de bord et le test de jeu, ce qui donne un côté loufoque à ton écrit. Quelques petits rappels en plus, sur l'utilité et la maladies ne seraient pas mal aussi, intercalés avec les exemples. De manière comparative et purement informelle, pour rester dans le ton.

Pour ma part, f'ai fait une femme, que j'ai appelé Nihiliste, quelques chose de joyeux et plein d'espoir. Elle est devenue rapidement complètement maniaque, elle portait des tee shirt roses fluo, voulait sortir en boîte de nuit, jouer au poker en ligne ou aller au Casino! c'était rigolo. C'est un simulateur assez limité, mais j'encourage vivement d'autres expériences de ce type à voir le jour! Avec encore plus d'options et de moments WTF avec les personnages en autonomie!

(PS : t'as déjà joué à The Stanley Parable?)
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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Miss-Entropie le Jeu 22 Sep - 17:34

Hehe, ravi que ça ait donné envie de tester ! = D

Mh, effectivement, faut que j'y réfléchisse à ça. J'ai plutôt pris goût à cette idée de récit à base de jeu, donc je viens de m'éparpiller un brin. Mais ouep, je prends note à faire quelques parenthèse au fur et à mesure sur la maladie.

Ahahaha pas mal ! xD
Bah, là pour le coup, c'est le manque moyen, l'idée du jeu éducatif est très récent et plutôt de niche, encore plus pour ce qui d'accompagner les maladies. Du coup, bon, le résultat est ce qu'il est, un brin dommage.

Hehe merci pour les encouragements ! = D

Nop, pas encore, c'est pas l'envie qui manque ! Par contre pour transformer ça en narration ça va être compliquer je pense. Faudrait que j'y réfléchisse un long moment. La trame scénaristique et le personnage du narrateur sont très présents et charismatiques, dur de s'en écarter de manière inventive au-delà de ce qu'ont pu faire les youtuber. Mais y'a du potentiel.


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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Miss-Entropie le Lun 24 Oct - 0:40

Ce texte rentre dans le thème des descriptions. Cependant, il est hors-consigne, mais j'ai eu besoin de l'écrire et de le publier. Donc je le poste à part. Poutou poutou.


Spoiler:
Erf.
La tête en feu, j'suis sur mon lit.
J'ai deux gobelins qui castagnent mon corps calleux à la hache pendant qu'un sadique recolle les morceaux pour que rien ne leur échappe.
Bon, essayons de ne pas se concentrer sur la douleur. Faisons un peu de calcul mental, 138 moins... arf, quelle idée de con. Diagnostiquons plutôt ce qui se passe.
J'ai les deux hémisphères qui hurlent de douleurs, l'arrière du crâne et la nuque douloureux. Mh... Mal de tête, pas migraine, ou alors je suis passé à un stade de douleur où le tiraillement du nerf optique et la sclérose des yeux deviennent accessoires.
Je me tape un coup de folie, je vais chercher ma putain de carte de bus que j'ai paumé dans ma chambre, j'allume la lumière et baisse la tête pour chercher, je me prends un coup de genou des les yeux qui me remonte jusqu'à l'autre bout du crâne en envahissant le cortex frontal.
J'éteins tout et me recouche dans la précipitation. D'accord, la mère de ta pute de la migraine.

On récapitule, de l'eau, beaucoup d'eau. J'ai, je bois. J'ai une boule de bowling dans la tête qui la fait dodeliner dans tous les sens en me relevant, pas grave. Ensuite, ibu, j'ai pas. J'vais aux chiottes, j'fais comme si j'urinais, j'urine vraiment, cool. Je regarde la pharmacie en haut des gogues. Doliprane, rien de mieux, on va tenter. La table est déjà mise alors je retourne dans mon lit, la main couvrant les yeux. 'Fin, les crevant à moitié. Mais ça marche. Ça va un peu moins pire.

On essaye de se souvenir, on va bientôt manger, la faim peut peut-être être la responsable de la crise soudaine, c'est déjà arrivé. Avant je tombais de fatigue, maintenant c'est la migraine, je sais pas si je dois sauter de joie. Mais le fait que tout mouvement me compresse le cerveau sur les parois de la boite crânienne met un terme à toute hésitation à sauter.

Le temps passe un peu, je peux à nouveau regarder ma chambre éclairée par la douce lumière de mon écran. Mon lit est entouré par un baldaquin artisanal avec des rideaux, je note que l'un deux à un peu plus d'attaches cassées. Ça doit venir de ce matin, non, d'hier matin. Je suis tombé à la renverse quand j'ai enlever les draps de la cage que j'avais mis pour lui tenir chaud. « Ça n'a pas marché » que je m'étais dit. Je regarde sur ma droite, vide. Porte ouverte. Vide.

C'est l'heure d'aller manger, pas envie, la gerbe, ça va te faire du bien, force toi, on va se douter de quelque chose. Je sors, trop de lumière, on fait pas attention, on sert à boire, on se concentre là dessus, pas sur les grésillements dans l'oreille gauche provoqués par les voix, par sur la rappe qui passe sur les tympans parce qu'il traîne les pieds. Je voudrais hurler, mais c'est pas de leur faute, ce serait injuste de leur reprocher mon état, alors je m'abstiens.

***

Je regarde mon vaisseau traverser l'espace virtuel. J'l'aime bien. Un « battleship » que je vais utiliser pour me faire de la thune, plein de thune. Il ressemble à un genre de fusil d'assaut, avec une couronne au dessus du « manche », juste avant la crosse qui soutient les propulseurs et un renflement juste avant le « canon » pour deux autres propulseurs plus petits. Y'a pas à chier, ils savent designer des vaisseaux. Et pour les nommer aussi, « L’Hypérion ». Hehe.. Référence.. Des opérations vont pas tarder, j'arrive bientôt à la station de départ, mais je ne vais pas y aller tout de suite, la tête ailleurs.

Je me mets à déambuler dans l'appartement vide, tout le monde dort. J'ai des images qui me reviennent, étalé sur le sol de la cage, les ailes légèrement ouvertes. Je connaissais, déjà vu, moins surpris. La rigidité... Moins. Beaucoup moins. La langue légèrement bleue... Heh. Tiens, je suis sur mon canapé en train de me couper les ongles. Pas noté la transition. C'est drôle, c'est un geste simple, mais je l'adore. Couper les ongles, se sentir plus léger.

Je me souviens, je cherchais à faire quelque chose, pas le laisser là, entamer les préparations pour la cérémonie. Je fouille dans mon placard à l'arrache, je balance mes fringues par terre, rien à foutre on rangera ça plus tard, une boîte, un short, ça fera l'affaire. J'ai déjà vu, j'ai un point de référence. Manque plus qu'une couverture pour le poser plus confortablement et un linceul. Je trouve une boîte de mouchoir dans le salon, parfait. Je le pose sur le coté puis le recouvre. Je suis désolé... Désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé.
Le doigt passe dans ses plumes étrangement douces. Je m'y attendais, mais là.. C'est différent. Pas le droit. J'ai pas le droit. Tu ne m'as jamais laissé, pas le droit maintenant. Je suis désolé, désolé, désolé.

Je jette les ongles, range l'outil pour les couper, éteins les lumières et reprends ma marche nocturne.
Flash, une odeur, une étreinte, une contrainte. « Laisse toi aller » « Parle moi ». Plutôt crever. Tu ne respecte même pas la dépouille, comment tu veux que je n'ai ne serais-ce qu'envie de t'adresser la parole. Et puis parler, parler. Les mois précédents m'ont fait comprendre que si ça faisait du bien à certain, mais que ce n'était pas mon cas. Ça ne me servait à rien. Inutile embêtement et déceptions prévisibles. Autant ne rien dire, ça revient au même, mais au moins on a pas essayer avant. De la camaraderie, un peu de chaleur, de rire et du bon manger, ça c'est efficace, ça, ça sert. Je suis « pudique », et je suis heureux comme ça.

Je me pose devant ma fenêtre, la nuit est belle. Comme toujours. Je me prends la tête dans les mains. Je pleurs. En quelque sorte. Chez moi, c'est sec. Pas une larme, pas un son. On pourrait dire digne, mais c'est des conneries, je suis juste cassé. Du moins, c'est ce que je pensais il y a trois ans, avant que ton amie et mère adoptive ne décède. Je dois t'admettre que je me sentais pas des masses de t'expliquer la notion de l'inceste, vu que celle de couver semblait être déjà hors de ta portée. Mon adorable petit attardé.. Hehe.
J'ai aussi pleurer – vraiment pleurer j'entends - en regardant ta sépulture. C'était la fin, officiellement. On a fait beau, je pense. Au même endroit.. Heh.

Je tiens à te remercier. Toi spécialement. Tu m'as permis d'apprendre ce qu'était l'éducation, ce qu'était le fait de se blinder pour un petit être, pour lui apprendre comment communiquer, respecter son espace. Tu m'as appris à être père, en un sens. Et en un sens, vous, toi et ta compagne, étiez mes enfants. Enfants que j'ai perdu, pleurer et enterrer. C'est peut-être risible, c'est peut-être rien de comparable à un enfant humain, mais je me fous. Vous l'êtes, et je défonce ceux qui me disent le contraire, comme j'étais prêt à défoncer ceux qui critiquaient ton état... Pitoyable.

J'ai pas franchement tout bien fait, tu aurais été mieux ailleurs, et peut-être pire aussi. Et je suis désolé pour ça, sincèrement. Je l'ai été chaque jour. Mais tu allais bien, dans le fond. Tu chantais même le dernier jour, c'est dire. Hehe..

Que dire maintenant, que te dire magnifique petite boule d'amour. « Adieu », mouais, je ne suis pas vraiment croyant, mais je ne suis pas vraiment athée non plus. Ma foi, je suppose que « Merci et porte toi bien » conviendra.

Je t'aime.




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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Mélos le Lun 24 Oct - 12:55

Intéressant le Bipolife. Du coup comment t'es tu sentis en l'écrivant ?
Ça m’intéresserai d'essayer de faire de même avec un personnage autiste un de ces quatre, tu me donne des idées !

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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Miss-Entropie le Lun 24 Oct - 13:01

Mh.. Bien, je suppose ? Je ne me suis pas vraiment posé la question. Grinçante peut-être ? L'idée de jouer avec mes failles, j'en sais rien. ^^"

Ce serait intéressant oui, mais renseigne toi énormément. Vraiment. C'est .. tellement différent de notre manière de voir les choses, de les sentir, recevoir, et il en va de même pour tout l'entourage, c'est quelque chose de très dense et particulier.

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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Mélos le Lun 24 Oct - 13:03

Yep ! Je vais surement m'acheter "Comprendre l'autisme pour les nuls" quand je serai prêt à me préparer pour réaliser ça Smile

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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Sambre le Lun 24 Oct - 19:40

Mélos : je ne pourrais que te conseiller d'aller comprendre l'autisme par toi même, en côtoyant des personnes atteintes et leurs proches. Non pas par voyeurisme, mais en travaillant bénévolement par exemple.
On ressort souvent grandit des expériences auprès des personnes en situation de handicap. D'ailleurs souvent, on se sent soi même handicapé, en arrivant dans un monde qui nous est étranger et dont on ne comprend pas les règles.


Miss : contente de te revoir! Ouais, moi aussi ça m’intéresserait de savoir la démarche derrière ton texte de "bipolife". Ton rapport à la maladie mentale, pourquoi ce choix de l'humour noir particulièrement avec ce sujet là?

La maladie mentale est une chose qui existe et qui ne fait pas de vous un raté, un exilé social ou ce genre de connerie. J'entretiens un rapport personnel particulier avec la maladie mentale. Le but est de se taper une catharsis des familles autour d'humour noir de mauvais goût

Pour le second texte :

Pour la première partie, j'en aurais presque mal au crâne rien qu'à la lire, les sensations sont bien décrites. Attention quand tu passes de JE à ON, pourquoi dans ces phrases là? par quoi est-ce justifié?
Je me sens bête mais c'est quoi "les deux gobelins?" une image que je n'ai pas saisie ou vraiment deux créatures?
Ensuite, ibu, j'ai pas. euh, même question, c'est quoi "ibu?" Ibuprofène? quand j'ibu j'ai plus soif?

deuxième partie, j'aime bien le fait que les détails circonstanciels arrivent à ce moment. Cela dit, elles restent un peu floue. Le sujet est suffisamment universel, le reste comporte à la fois trop et pas assez de détails. Ca invite à lire une suite.
J'imagine Raynor maintenant, avec un mal de crâne et son petit animal à plumes.

avant que ton amie et mère adoptive ne décède. Je dois t'admettre que je me sentais pas des masses de t'expliquer la notion de l'inceste
Là je me suis un peu perdue. Amie de qui? inceste pourquoi? ...un autre oiseau mais femelle? une compréhension un peu difficile peut rebuter le lecteur dans un texte.

Malgré tout, cela reste très touchant *mode souvenir triste on* et donc je pense qu'on peut dire que le but est atteint. Je modifierai bien quelques syntaxes, pas beaucoup, pour gagner en fluidité, sans enlever le côté "brut" du personnage dans son langage.


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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Miss-Entropie le Mar 25 Oct - 1:31

Mélos : je ne pourrais que te conseiller d'aller comprendre l'autisme par toi même, en côtoyant des personnes atteintes et leurs proches. Non pas par voyeurisme, mais en travaillant bénévolement par exemple.
On ressort souvent grandit des expériences auprès des personnes en situation de handicap. D'ailleurs souvent, on se sent soi même handicapé, en arrivant dans un monde qui nous est étranger et dont on ne comprend pas les règles.

Je plussoie parfaitement !
Je pense, aussi, qu'il faut se rappeler que chaque individu réagit comme il peut. Je me souviens qu'une prof de psycho avait montré en cours une scène avec un enfant autiste et ses parents. Le gône avait une crise, hurlait et se fermait au monde extérieur. La mère l'a attrapé et le père à monté le son de la télévision. On peut traiter ces parents de "mauvais parents", mais ce serait injuste. Ils sont tout deux très probablement au bord du craquage nerveux à force d'avoir un enfant en souffrance sans pouvoir l'aider, et ils réagissent comme ils peuvent, même si ce n'est pas la solution.

Ouais, moi aussi ça m’intéresserait de savoir la démarche derrière ton texte de "bipolife". Ton rapport à la maladie mentale, pourquoi ce choix de l'humour noir particulièrement avec ce sujet là?

La maladie mentale est une chose qui existe et qui ne fait pas de vous un raté, un exilé social ou ce genre de connerie. J'entretiens un rapport personnel particulier avec la maladie mentale. Le but est de se taper une catharsis des familles autour d'humour noir de mauvais goût

Hey ! Je suis aussi en joie de vous revoir ! = D

Je vois un peu mieux avec la citation.
Disons que j'ai côtoyé des gens malades d'assez près. Et que, de la même manière, j'ai eu pendant assez longtemps une sensation de déconnexion avec moi même et le monde extérieur, ainsi que quelques épisodes paranoïaques, une énergie changeante et des p'tits moment où mon esprit se barre de mon corps. (c'est fun, j'vous jure). Je m'étais renseigné sur la bipolarité par curiosité. Et je suppose que l'envie de passer à autre chose m'a poussé à écrire en adoptant le ton habituel que j'ai quand je veux me détacher de quelque chose un brin trop chargé émotionnellement, l'humour noir et (je l'espère) sarcastique.

Aha, j'en suis ravi ! ^^ "fin, heh, pas par sadisme mais, "fin, m'avez compris.
Je passe à "on" pour amplifier la sensation de déconnexion, le on était singulier et indéfini, je me suis dit que ça illustrerait bien. J'étais pas totalement sûre de mon coup, ceci dit. ^^"

Les deux gobelins est une image uep, qui reflète la sensation douloureuse de pression intermittente de la migraine.

quand j'ibu j'ai plus soif?
Gnyahaha ! Oui, my bad. Je corrigerais ça à l'occaz'.

J'imagine Raynor maintenant, avec un mal de crâne et son petit animal à plumes.
L'image classe ! Merci = D

Pour ce que tu dis avant et ensuite, il me faut clarifier le texte.
Il se base, pour une fois, sur des faits réels et sur le cheminement de pensé que j'ai eu bah... hier soir. Hehe. Au plus fidèle que possible.
D'où les références qui n'ont pas de background (Pour l'inceste ect) et celles qui sont trop vagues.

La carte du parti pris et du "c'est personnel vous pouvez pas comprendre" mis à part, je suis d'accord sur le fait que ce sont des failles dans un texte voué à la publication. Et que, s'il peut s’intégrer tel quel dans un roman, il faut, avant ou ensuite, clarifier ces références, au risque de paumé le lecteur.

Ce sont des points que je ne changerais pas, pour cause d'épitaphe, mais que j'aurais changé dans d'autres circonstances.

Je modifierai bien quelques syntaxes, pas beaucoup, pour gagner en fluidité, sans enlever le côté "brut" du personnage dans son langage.

J'aimerais bien lire tes suggestions uep'.
Je sais que j'ai un style brut, et je l'apprécie. Ceci dit, j'ai envie de publier des textes à la charge et brutalité émotionnelle similaire, et avoir d'autre moyen de véhiculer ça qu'à coup de poing dans la gueule (qui peuvent finir par lasser le lecteur si ce n'est carrément rebuter un éditeur) me plairait.

Merci de vos retours en tout cas.

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Re: (Vulgarité) Écrit divers.

Message par Sambre le Dim 30 Oct - 15:33

Dure semaine, je n'ai pas trop eu le temps de me pencher sur tes syntaxes, mais ça y est, j'y suis!
D'ailleurs, en ce moment, au boulot, j'ai à charge un enfant autiste de 5 ans. En 1 an, on a pu remarquer les progrès phénoménaux qu'il a réalisé auprès de nous, on en parle avec la maman, c'est top! C'est très difficile et fatiguant de gérer le handicap de son propre enfant. C'est 7/7j et 24/24h pour toute la vie. Parfois, ils aimeraient bien du repos ces gens là aussi. Sans compter la puissance du sentiment de culpabilité. Bref....on s'éloigne du sujet. On en reparlera quand Mélos nous postera son texte.

Je comprends assez bien ta démarche d'exutoire par l'humour noir. Je la pratique également, mais plutôt par la pensée. Peut être qu'à force de vous lire, je finirai par coucher mes idées sur le clavier et les poster ici. D'ici là, je me contente de lire et commenter vos écrits. L'important serait de ne pas laisser le forum mourir.

Je ne reviendrai pas sur le manque de contexte de ton texte, si tu en es conscient et que tu souhaites que cela reste ainsi. Il s'inscrit dans quelque chose de plus grand dans ton esprit (si j'ai bien compris) et d’émotionnellement fort.

Tu sais que j'apprécie aussi le style brut et le jeu sur le rythme, ce n'est donc pas là dessus que je vais aller te chercher. En réalité je vais plutôt essayer de t'exposer des suggestions plus personnelles et plus subtiles, je l'espère. Ça vaut ce que ça vaut, je vais essayer de faire ça de manière utile. Je te préviens je vais être pointilleuse parce que je sais que tu as un bon niveau. (j'espère que tu m'en voudras pas, je vais pousser assez loin la critique même si ton texte est globalement bon).





Je pense qu'il faut revoir le début du texte .

J'ai deux gobelins qui castagnent mon corps calleux à la hache pendant qu'un sadique recolle les morceaux pour que rien ne leur échappe.
Bon, essayons de ne pas se concentrer sur la douleur. Faisons un peu de calcul mental, 138 moins... arf, quelle idée de con.


Premièrement : l'image des gobelins, elle ne me parle pas. Surtout d'entrée de jeu dans un texte, on ne sait pas : où ça, pourquoi, comment? alors si on commence par une image qui ne fait parti d'aucun imaginaire collectif, on va avoir du mal à enchaîner derrière.
Et d'ailleurs, sur quoi on enchaîne? du calcul mental... wait!? en deux lignes, j'ai l'impression que j'ai rien compris. Léger soulagement lorsque le personnage annonce qu'il va analyser la situation. (diagnostiquer : champ lexical de la médecine = rapport avec le mal de tête = bien joué!)
Une entrée en matière percutante c'est chouette, à condition que le lecteur suive et ressente l'impact.  Ca ne doit pas être vécu comme une étrangeté extérieur, l'effort à fournir pour entrer dans ton monde peut décourager. Voilà, c'est juste deux lignes, mais pour moi elles sont hyyyyper importantes car c'est la première impression concernant la suite du récit.

"ou alors je suis passé à un stade de douleur le tiraillement"
un peu lourd le double "ou", essaie de reformuler pour l'éviter.

Spoiler:
Je me tape un coup de folie, je vais chercher ma putain de carte de bus que j'ai paumé dans ma chambre, j'allume la lumière et baisse la tête pour chercher, je me prends un coup de genou des les yeux qui me remonte jusqu'à l'autre bout du crâne en envahissant le cortex frontal.
J'éteins tout et me recouche dans la précipitation. D'accord, la mère de ta pute de la migraine.

Ici je vais parler du rythme. Tu aurais quelque chose à faire à ce niveau là et c'est dommage, tu passes un peu à côté. Je te montre ce que je veux dire
Je me tape un coup de folie/ Je vais chercher ma carte de bus/ je l'ai paumé dans ma chambre/ J'allume la lumière/ Je baisse la tête / Je me cogne

Des morceaux de phrases courts, le même nombre de syllabes ce serait royal. Inconsciemment, pour le lecteur, ça donnerait fluidité et rythme, ce serait bôô. L'impression que les événements s’enchaînent rapidement, de façon un peu mécanique : c'est ce qui se passe pour ton personnage il me semble.

"je me prend un coup de genoux dans les yeux" : premièrement je visualise mal comment on peut faire cela. Le "on" ici peut laisser suggérer que c'est quelqu'un d'autre qui l'a frappé. J'imagine que le ON est là pour signifier que le personnage ne se sent pas maître de son corps sur le moment.
Ensuitement : la longueur de cette proposition casse le rythme.

"D'accord, la mère de ta pute de la migraine." : grammaticalement c'est très étrange?

"J'ai, je bois. J'ai une boule de bowling dans la tête qui..."

La répétition du "j'ai". Je te propose soit de l'utiliser en faisant une répétition dans le style
par exemple : "De l'eau, beaucoup d'eau. J'ai, je bois. Boule de bowling dans la tête. J'ai, je souffre"
ou alors simplement de changer le verbe "avoir" par un autre, lorsque tu parles de la boule de bowling.

"On essaye de se souvenir, on va bientôt manger, la faim peut peut-être être la responsable de la crise soudaine, c'est déjà arrivé"

La proposition est trop longue et casse à nouveau le rythme de ta phrase. "Peut peut être être" : c'est très lourd quand même. La faim comme sujet + phrase passive + répétition du peut être, ça fait vraiment beaucoup.

"Le temps passe un peu, je peux"
Enlève en un!

"quand j'ai enlever les draps de la cage que j'avais mis pour lui tenir chaud."
La formulation me paraît légèrement maladroite. A  ta place je ferai deux phrase courte.
"....quand j'ai enlevé les draps de la cages. Je les avais mis là pour LUI tenir chaud"
Un LUI en majuscule passerait bien aussi dans ce contexte. L'importance du sujet sans le nommer. Et aussi ça permet de ne pas avoir une phrase où on se demande qui tient chaud à qui? la cage a eu froid? what?

"pas sur les grésillements dans l'oreille gauche provoqués par les voix, par sur la rappe qui passe sur les tympans parce qu'il traîne les pieds"

les grésillements dans l'oreille : acouphènes, ce ne serait pas plus simple?
Jolie allitération en P dans la proposition d'après, je suis presque triste de dire que l'image de la rappe sur les tympans ne me parle pas trop. Après je peux encore te proposer de couper en deux phrases. ou carrément de reformuler en partant de la fin.
"Leurs  bruits de pas m'évoquent une rappe qu'on raclerait sur mes tympans." (si tu tiens à ta rappe à tympans)

***

Bon, j'arrive pas à visualiser la forme du vaisseau avec les explications. Certainement parce que j'y connais rien en vaisseaux ^^

"J'ai des images qui me reviennent, étalé sur le sol de la cage"
Je changerai par "Des images me reviennent : étalé sur le sol de la cage ..."

"Tiens, je suis sur mon canapé en train de me couper les ongles. Pas noté la transition. C'est drôle, c'est un geste simple, mais je l'adore. Couper les ongles, se sentir plus léger. "
L'idée est intéressante, originale, mais amenée de manière trop soudaine à mon goût. Je retournerai légèrement la phrase pour quelque chose de ce genre :
"Sans transitions, assis sur le canapé, je me coupe les ongles. C'est drôle, le geste est simple, hypnotisant(?). J'adore. A chaque clic, se sentir plus léger"

"rien à foutre on rangera ça plus tard, une boîte, un short, ça fera l'affaire."
Je ne suis toujours pas sur de ce à quoi va servir le short?
short + couverture + mouchoir qui sert de linceul = je me représente pas trop le résultat final de la composition.

Tu vas trouver que j'abuse de reprendre chaque détail
Je jette les ongles, range l'outil pour les couper, J' éteins les lumières et reprends ma marche nocturne.

Je rajouterait un J' afin de bien distinguer les propositions qui vont ensemble : couper les ongles et ranger l'outil d'un côté. Éteindre la lumière et faire une marche nocturne, de l'autre.

"Inutile embêtement et déceptions prévisibles. Autant ne rien dire, ça revient au même, mais au moins on a pas essayer avant."


Je changerais par : "inutile embêtement, prévisibles déceptions" pour garder l'inversion adjectif-sujet dans les deux cas.
"Mais au moins a pas essayé avant" me paraît top lourd. Je propose :  Ça revient au même, en s'épargnant la peine d'essayer.

"Je me pose devant ma fenêtre, la nuit est belle. Comme toujours. Je me prends la tête dans les mains. Je pleurs. En quelque sorte."

Là, juste, la ponctuation. Il te faut la même, pour le rythme.
"Je ME pose devant LA fenêtre VIRGULE la nuit est belle POINT comme toujours POINT. "
Donc idéalement la phrase d'après tu fais pareil
"Je ME prend la tête dans LES mains VIRGULE je pleurs POINT en quelque sorte POINT"

"On a fait beau, je pense. "
"On a fait beau" est une expression inconnue dans mon langage et je crois que je ne suis pas la seule.

"Tu m'as permis d'apprendre ce qu'était l'éducation, ce qu'était le fait de se blinder pour un petit être, pour lui apprendre comment communiquer, respecter son espace".

Je crois tes propositions n'ont pas trop de logique grammaticales entre elles.
Tu m'as permis d'apprendre :
                                        1 : ce qu'était l'éducation (ok)
                                        2 : ce qu'était le fait de se blinder ... (ok)
                                        3  : pour lui apprendre comment communiquer (là, ça ne marche plus)
                                        4 : respecter son espace (là non plus ça ne marche pas)
Soit tu fais deux phrases ce qui me paraît plus facile, soit tu changes tes propositions.








Voilà, je crois que j'ai fait le tour de ce que je voyais.
Je suis désolée si j'ai poussé loin la décortication dans un texte qui a une forte valeur émotionnelle pour toi. Je sais que parfois, sous l'emprise des états d'âme, on n'arrive plus très bien à distinguer l'aspect technique.
C'est sans jugement que je critique. J'ai hâte d'en lire d'autres et d'avoir ton avis sur mes propositions.

Porte toi bien!
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Sambre
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