(Violence) Mon premier vieux texte...

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(Violence) Mon premier vieux texte...

Message par Sambre le Lun 4 Juil - 20:44

J'ai retrouvé au fin fond de mon disque dur externe le début d'une histoire que j'écrivais au lycée. Projet abandonné une fois de plus. Je l'ai relu avec nostalgie et du coup  je vous la soumet à critique avec 10 années de recul. J'avais appelé ça Ellipse.

Chapitre 1 

Respiration difficile, souffle rauque et puissant… nuit sombre, paysage de campagne… droite, gauche ? Non, non tout droit, vite, un refuge! Sentiment d’agitation, agitation pourtant apaisante…Noir.
***
Cuir, vitesse, des voix, des mots : voiture.
Il fait nuit sur la route, d’autres hommes sont là, ils savent que les enfants disparus sont enfermés dans une grange en pleine campagne. Le tueur présumé a été repéré, un malade mental paraît-il.
Il fait nuit noire, les hommes éteignent les phares du véhicule pour ne pas être découverts ; on approche de la grange, on gare les voitures silencieusement. Les Hommes sont armés, tout se passe très vite. On ressent la peur, la peur comme l’Homme a peur du loup, de la bête à traquer. Et la bête traquée, pourtant homme a peur des Hommes tel le loup pourchassé. On approche de la grange, il fait nuit noire.
***
Les yeux du loup sont là, il attend dans la terreur et l’instinct puissant du tueur. Il est patient, il a faim, faim d’apaiser sa douleur au travers du seul moyen qu’il ait trouvé : prendre la vie et contempler l’agonie.
***
Les Hommes savent. Ils n’ont pas vus les yeux eux, ils n’ont pas l’instinct du tueur non, mais ils sentent la peur dégouliner le long de leur âme et cela ne trompe jamais : un danger imminent est là. Le malade mental qui a tué les enfants se trouve dans cette grange. La porte est enfoncée à grands coups de pieds, des cris sont poussés se voulant autoritaires malgré l’angoisse monstrueuse.
« On sait que vous êtes ici, rendez-vous, nous sommes armés et vous ne pouvez pas nous échapper ! ».
***
Mais le loup sait, il sait que la patience est toujours récompensée. Alors, il attend…
Bruit de pas, léger affolement dans le cœur du tueur, ils montent par l’échelle, dans la réserve à foin. Bientôt viendra sa seule chance de sortir d’ici sans être attrapé.
***
Les Hommes, regardent autour d’eux, paniqués mais leur raison persistante leur permet encore de tenir leurs armes. Le tueur est forcément là, en haut, mais où ?
***
Des yeux de loup immenses brillent, mais ce n’est pas une lueur perceptible par un humain non, c’est la lueur du mal qui coule dans ses veines. Attente, souffle court, léger râle.
***
Un Homme décide finalement d’allumer sa lampe torche et la brandit. Quel est le pire? Leur imagination torturée par la terreur ou la vérité brute de l’horreur ? Tout s’éclaire dans la grange et dans leur esprit angoissé.
***
Situation d’horreur inimaginable, choc brut. L’indicible se présente sous leurs yeux, leur esprit ne peut le supporter. La raison leur échappe comme ils fuiraient eux, si leur corps n’était pas paralysé d’effroi. Des armes sont lâchées. C’est le moment tant espéré par le loup pour bondir hors de sa tanière.

***
Quelques coups de feu, tout est flou. Une vision, non réelle, une dernière avant le chaos : les yeux immenses brillent, porteurs d’un mal qui coule dans ses veines malades. Et les enfants, il n’en reste que les têtes, immondes et déformées. L’humanité n’est plus perceptible dans leurs orbites vides. Mille tortures subies, faux sourires inscrits et recousus, petites poupées dépecées, charognes puantes, humanité pourrissante, insoutenable. Insoutenable ! L’œuvre du mal, non : de la folie car un mal pareil, la raison ne peut l’expliquer et pourtant…pourtant….

Le monde tourne et se renverse, NOIR.


Chapitre 2

Elisabeth se réveilla en sursaut, étouffant un cri d’épouvante. Elle regarda autour d’elle. Ses yeux mal accoutumés à l’obscurité ne distinguèrent alors qu’un obscur néant. Paniquée, elle ne savait où elle se trouvait. Elle se souvenait d’avoir trébuché et d’être tombé sans fin.
Une lumière  rouge attira son regard, celle du réveil qui affichait 4h22. Alors son esprit se reconnecta au monde réel. Elle soupira, soulagée.
« Encore une vision. »
La jeune fille ramassa ses genoux contre sa poitrine sous les couvertures, et entreprit de respirer profondément pour se calmer. Des visions horribles envahissaient encore son esprit embrumé toujours plongé dans le chaos. Elle alluma sa petite lampe de chevet, pour chasser ces images en se concentrant sur les objets matériels de sa chambre. Son refuge avait connu bon nombre de transformations esthétiques au cours de ces dernières années. Sa chambre d’enfant s’était transformée tout d’abord en repère de jeune fille désireuse d’afficher ses goûts musicaux sur chaque parcelle de la tapisserie rose pâle et défraichie. Le maquillage et les parfums prirent peu à peu la place des peluches et des jouets. Aujourd’hui la décoration murale était un peu plus restreinte et de meilleur goût, lui sembla t-il. Les meubles eux, restaient les même depuis toujours. Un bureau aménagé par les soins de son père, une vieille armoire en bois, repeinte ainsi qu’un meuble de rangements comprenant de nombreux tiroirs transparents, un antique pouf miteux violet et d’autres choses encore formaient son univers quotidien et rassurant. L’encens avait fini de brûler.  


Elisabeth Louvet, âgée de 17 ans n’est pas une lycéenne comme les autres. En effet, l’adolescente possède un don hors du commun qui la poursuit depuis son enfance. Elle peut prévoir l’avenir grâce à des visions. Ce n’est pas l’avenir exact qu’elle aperçoit mais une sorte de futur hypothétique, de ce qui pourrait arriver. Parfois neutres, d’autres fois heureuses ou encore comme cette nuit terriblement angoissantes, ces visions polluent son quotidien. Il s’agit toujours de détails flous et énigmatiques. Apparaissant souvent en rêve, ces visions se présentent parfois sous forme de symboles à décrypter ou comme cette nuit, sont d’une netteté impressionnante. Comment sait-elle ces rêves sont prophétiques ? Simplement en constatant la réalisation de certaines prémonitions, non sans un certain effroi.


Elisabeth sourit en pensant à Armand, son meilleur ami qu’elle connaissait depuis l’enfance. Elle l’avait sorti de nombreux mauvais pas grâces à son don. D’ailleurs, lui seul la croyait. Elle se rallongea et se rendormit un peu apaisée.

***

Elisabeth se réveilla à 6h30 comme tous les matins, déambulant de manière approximative dans un tee-shirt trop grand pour elle jusqu’à la cuisine. Elle salua son père qui préparait du café en écoutant la radio. Elle tartina de beurre un petit pain suédois ainsi qu’une partie de ses doigts et de la toile cirée, puis le trempa dans son bol de café. Elle entendit alors aux informations du matin parler d’une femme qui avait une fois de plus tué puis abandonné son bébé dans une poubelle, phénomène macabre qui avait tendance à se généraliser ces temps-ci.  Soudain sa vision de la nuit lui revint de plein fouet. Elle brisa sa tartine qui s’étala immanquablement face beurrée contre le carrelage.
Confuse elle la ramassa, avala son bol de café d’une traite et finit de se préparer avant de se rendre au lycée en vélo.




Elisabeth était élève de terminal au Lycée Louis Colbert. Terminale littéraire. Elle entamait sa journée par 2 heures de philosophie, ce qui équivalait pour elle à 2 heures de sieste.
Une gêne étrange, une sorte de malaise la poursuivait depuis son réveil et la rendait pensive. Tout était pourtant comme d’habitude mais tout paraissait différent. Comme si elle voyait les choses sous un autre angle. Elle décida de ne pas attacher trop d’importance à cette désagréable sensation et entreprit de prendre quelques notes tout en griffonnant des petits dessins dans la marge.

La mâtinée passa, sans qu’elle ne puisse se désimprégner de cette sensation gênante. Elle retrouva Armand à la cafétéria comme tous les jours, ou presque. Armand était un jeune homme roux-châtain aux cheveux longs. Musicien et plutôt mignon, il avait  un certain succès auprès de la gente féminine. Armand était en terminale scientifique, un « spé bio » comme on dit.
Lorsqu’elle le vit arriver Elisabeth sentit tout de suite que quelque chose n’était pas normal. Il lui sourit différemment, ne lui fit pas la bise. Il avait de gros cernes sous les  yeux, les joues un peu creusées.

«- ‘lut. J’ai faim ! »
-Hey... T’as pas l’air en forme. »

Elle fit la moue en penchant la tête sur le côté et Armand haussa les épaules.

« -Bof, comme d’hab’.
 -Attends, donne moi tes mains.»

Avant qu’il ne puisse pu réagir, la jeune fille pris ses mains dans les siennes et ferma les yeux. Sa vision lui revint de plein fouet, en accéléré puis des souvenirs inconnus l’envahirent. Des souvenirs à elle mais qu’elle ne connaissait pas. Elle lui lâcha les mains et alors elle comprit.

Je me suis arrêtée là...j'avais un plan à l'époque il me semble.
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Re: (Violence) Mon premier vieux texte...

Message par Miss-Entropie le Jeu 7 Juil - 14:58

Compte tenu de la date où tu l'as écrit, je trouve que c'est plutôt pas mal niveau forme. Peut-être un brin flou pour se représenter les scènes, maiiis bon, j'aurais pas fait mieux à l'époque. Mais l'ambiance du premier chapitre est plutôt prenante je trouve.
J'saurais pas dire pour le fond, l'idée, je vois deux trois aspects potentiellement maladroit, mais pour ce texte c'est un peu plus délicat de s'en rendre compte sans aller plus loin dans la lecture. (Et bon hein, il est vieux, on a toujours des idées un brin maladroites à ce moment là.)

J'suis curieux de voir ce que ça pourrait donner si tu le reprends, même si c'est juste l'idée en retravaillée par la Sambre d'aujourd'hui.

En tout cas ouais, je vois le parallèle dans la narration avec mon texte, je trouve rigolo que le même type de narration assez hachée et "décousue" soit utilisée pour raconter deux choses différentes mais avec le même type d'impact voulu sur le lecteur, lui donner un sentiment d'oppression, de malaise et de perte de repère, quelque chose comme ça.

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Re: (Violence) Mon premier vieux texte...

Message par Sambre le Jeu 7 Juil - 17:11

L'idée de base c'était :
une fille qui a un pouvoir de pré-science.
Elle a des visions qu'elle ne contrôle pas.
Ces visions peuvent concerner d'autres réalité qui ont lieu au même moment dans un univers parallèle.
Elle rejoint cet autre univers et elle est la seule à s'en apercevoir.
Elle peut changer le cours des choses pour que cette réalité n'en affecte pas une autre.
(Je suppose que je venais de découvrir la science quantique quand j'ai eu l'idée du scénario!) C'était très ambitieux de ma part comme sujet.

L'intrigue :
J'avais dans l'idée qu'elle empêche son meilleur ami de se faire entraîner dans un réseau de snuff movie. Il devait tout d'abord réaliser une bande son musicale, avant d'être poussé à être acteur et donc meurtrier.
Elle retourne dans son monde, on croit que tout est bien qui fini bien mais des problèmes plus graves surgissent et elle s'interroge sur l'utilité de son pouvoir. Elle échoue à résoudre ses nouveaux soucis. Elle obtient sa majorité, et entre amèrement dans le monde des adultes, débarrassée de ses visions. Elle débute une nouvelle vie avec plus de force et de maturité.

Oui c'est vrai qu'il fait très jeune, surtout pour la deuxième partie. Je pense qu'aujourd'hui, étant donné que je n'écris jamais, j'aurais encore du mal à faire des descriptions correctes mais je changerai des choses...pourquoi ne pas essayer de le remasteriser.

Aujourd'hui je préférerai m'essayer à la nouvelle, quitte à choisir!
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Re: (Violence) Mon premier vieux texte...

Message par Mélos le Jeu 1 Sep - 10:09

Et puis moi qui arrive deux mois plus tard Very Happy

J'ai trouvé la lecture immersive personnellement. J'avais envie de connaître la suite mais, en même temps j'avais deviné que son ami Armand était le tueur de la prémonition.

"Snuff movie", je ne savais pas que cela existait. pale

Par curiosité, comment avais-tu prévue qu'elle se débarrasse de ses pouvoirs de prémonition ?

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Re: (Violence) Mon premier vieux texte...

Message par Sambre le Jeu 1 Sep - 10:55

Tu ne connaissais pas le snuff...je suis navrée que tu viennes de découvrir ça par recherches Google, ça a du être un peu violent!

J'avais prévu que ses pouvoirs étaient en quelque sorte liés à un état "d'innocence, d'enfance". Ils disparaîtraient d'eux même au moment où elle est confrontée à de graves problèmes, qu'elle rencontre l'échec, le désespoir et perd son innocence!
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Re: (Violence) Mon premier vieux texte...

Message par Mélos le Jeu 1 Sep - 11:04

Oui, recherche internet silent bon en même temps plus rien ne m'étonne dans ce monde :I

C'est assez imagé, l'enfance innocente un peu choqué de tous contre l'adulte désabusé qui a accepté la réalité. Intéressant !

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